Chantal Cuennet m’avait fait parvenir cette magnifique lettre ouverte en juillet. Merci à Chantal pour son soutien !
Je n’avais pas eu encore le temps de la publier, chose faite maintenant.
« « La médisance est une petitesse dans l’esprit, ou une noirceur dans le cœur ; elle doit toujours sa naissance à la jalousie, à l’envie… » C.Pinot Duclos
L’importance des différentes structures de protection animale repose sur la proximité des petits refuges et la force de frappe des grandes organisations. Les petits refuges offrent un accueil de terrain et personnalisé tandis que les grandes fondations apportent les gros budgets et éventuellement le poids politique.
Renseignons-nous objectivement par divers canaux, afin de faire notre choix sur l’organisation ou les organisations que nous voulons soutenir. A moyen et long terme quelques visites aux refuges peuvent être bénéfiques pour se rendre compte de la réalité du terrain, de la vie des animaux, leur entourage et leur environnement. C’est ce que je fais avec la Kasba de Loulou à Essaouira. Je connais Essaouira et sa région depuis longtemps et pourtant ce n’est qu’à la suite des alertes liées à la coupe du monde 2030 et par l’intermédiaire de la Kasba de Loulou que j’ai commencé à me soucier de la situation des animaux au Maroc et plus précisément à Essaouira. Avec le recul je regrette ma passivité dans le domaine mais personne n’est parfait et en tout cas pas moi.
Le refuge La kasba de Loulou est une grande propriété privée entourée de terrain arborisé ! Cette petite structure a un ancrage local, une connaissance fine des besoins de la région et des contacts directs avec les habitants. Elle crée des emplois et participe à la microéconomie locale. La prise en charge des animaux est du « sur mesure » dans un environnement calme et familial ; idéal pour les animaux traumatisés. Ce n’est pas un refuge standard et pourtant les chiens ont de l’espace, des abris et des bassins. Les chats occupent tous les étages de la maison et une partie du jardin extérieur. Selon les exigences de certains cas médicaux des chambres spéciales sont assignées aux chats.
Lors de mon séjour j’ai passé du temps dans tous les coins de la maison et du jardin pour observer librement chiens/chats me mettant à leur disposition pour des caresses et des jeux. Des beaux… des pas beaux… des gueules cassées… des malades… des craintifs… des méfiants… des indépendants… des dépendants… J’en ai pleuré de sensibilité. Je ne peux pas citer des noms de chats/chiens en particulier car j’ai l’impression de trahir les autres pensionnaires qui se sont peut-être montrés plus discrets et distants. J’étais à ma place… ils étaient chez eux … sereins, libres en sécurité.
Présente à la Kasba de Loulou en matinée j’ai pu me rendre compte du travail engendré par 400 chats en moyenne et 38 chiens actuellement. Si vous avez un chat ou chien à la maison multipliez par 400 et 38 le temps que vous consacrez à votre petit protégé et tout commentaire devient superflu ! N’oubliez pas les gamelles… les lessives etc. Mme Corinne T. et ses 8 employés font le « job » et ils le font très bien en tenant compte des moyens financiers et logistiques à disposition.
Depuis que je m’implique dans la cause à Essaouira je lis, j’entends beaucoup de critiques gratuites générales ou ciblées. Beaucoup de monde en souffre et c’est vraiment un gaspillage d’énergie fondamentale. Les attaques des esprits étroits ne révèlent-elles pas souvent leur propre impuissance face plus grand qu’eux ? Nous pouvons être en désaccord avec la gestion d’un refuge ou avoir des conflits de personnalités mais nous … membres, donateurs ou simplement « followers » nous ne sommes pas sur le terrain ! N’oublions jamais que notre soutien – quel qu’il soit – ne nous donne pas un droit de regard sur la gestion des lieux ni sur la vie des animaux dans le refuge. Il en va de même lorsque nous sollicitons la Kasba de Loulou pour prendre en charge des chats/chatons/chiens en danger sans rien débourser pour la prise en charge ; les animaux ne survivent malheureusement pas toujours et nous en sommes affectés … sans doute révoltés mais cela ne nous donne pas le droit de « manipuler » la réalité pour détruire les efforts de toute une équipe et mettre à mal une structure animalière indispensable pour la région.
Notre objectif principal à tous n’est-il pas de contribuer au « BIEN ETRE ANIMAL » à Essaouira et aider les acteurs locaux à faire face plus ou moins sereinement aux contraintes logistiques et financières quotidiennes ?
Mes amis de la kasba de Loulou, humains et pensionnaires… je pense tous les jours à vous. Cordialement, Chantal Cuennet


